rap hip hop rap français hip hop/rap
Les femmes dans le hip-hop français prennent part, depuis les débuts du mouvement dans les années 1980, aux différents domaines et disciplines et qui composent sa culture : la danse, le rap, le graffiti, le DJing ainsi que la presse et la production. Longtemps cantonnées à une position périphérique, présentées comme les compagnes ou les amies des hommes qui animent ce mouvement, elles accèdent progressivement à un statut d'actrices à part entière, sans échapper pour autant à une sous-représentation persistante, aussi bien sur les scènes musicales qu'à la télévision ou dans les statistiques de l'industrie du disque. L'entrée des femmes dans le hip-hop français se fait d'abord par la danse, au milieu des années 1980, avant l'apparition des premières rappeuses à la fin de la décennie, parmi lesquelles Saliha, première à enregistrer un disque. Une deuxième génération émerge au milieu des années 1990, dans un contexte de raréfaction relative des femmes alors que le genre connaît son âge d'or commercial. Diam's, Casey et Keny Arkana accèdent chacune, sur des registres différents, à une reconnaissance plus large au cours des années 2000. Les décennies suivantes voient l'arrivée d'une nouvelle génération aux parcours et esthétiques variés, ainsi que la montée en visibilité du rap antillais féminin. Le hip-hop féminin français aborde plusieurs thèmes récurrents : les violences faites aux femmes, la précarité et la maternité, l'identité noire et l'intersectionnalité, les normes de genre et le corps féminin, ainsi qu'un engagement social et politique plus large et sans lien direct avec leur condition de femmes. Face à un milieu perçu comme masculin, les rappeuses adoptent des postures variées, entre neutralisation des marqueurs de féminité, revendication d'une crédibilité de rue ou réappropriation des codes du rap masculin. Leur rapport au féminisme reste ambivalent, plusieurs dénoncent le sexisme dans leurs textes tout en se montrant réticentes à l'étiquette féministe, par solidarité avec leurs pairs masculins face à un antiracisme qu'elles jugent menacé par certaines formes de féminisme perçues comme blanches et occidentales.