Un homme qui dort est le troisième roman de Georges Perec, publié en 1967 — dans la collection « Les Lettres nouvelles » dirigée par Maurice Nadeau —, alors qu'il ne faisait pas encore partie de l'Oulipo. Le narrateur s'adresse directement au personnage principal en le tutoyant. L'histoire, plus ou moins autobiographique, est celle d'un étudiant qui se renferme sur lui-même, dans sa chambre, et pense. Tout est gris, sauf une « bassine de matière plastique rose », dont la couleur tranche sur le reste du roman. Le personnage de l'étudiant envahi par l'indifférence est repris par Perec dans son roman La Vie mode d'emploi (chapitre LII). Il y fournit quelques détails biographiques tels que son nom – Grégoire Simpson – et sa ville natale (Thonon-les-Bains). Georges Perec relie cette œuvre au roman Les Choses, paru deux ans plus tôt. Alors que L’homme qui dort explore « la face sombre de la réalité », Les Choses en montre la « face brillante ». L’auteur écrit non plus le « roman de l’aliénation par les choses, mais par le vide ».