France Un faux souvenir est un phénomène psychologique qui se produit lorsqu'une personne se remémore un événement qui ne s'est pas réellement produit. L'idée de faux souvenirs remonte aux débuts de la psychanalyse avec Sigmund Freud et Pierre Janet. Les travaux expérimentaux pionniers de la psychologue Elizabeth Loftus dans les années 1970 ont démontré la malléabilité de la mémoire et l'existence de l'effet de désinformation. Ces études ont remis en cause la fiabilité des témoignages, en particulier dans les affaires judiciaires, notamment ceux d'enfants. Elles ont montré qu'une désinformation peut facilement être implantée dans la mémoire, altérant le souvenir initial. Des faux souvenirs, y compris des événements impossibles (comme voir Bugs Bunny à Disneyland), peuvent être provoqués en laboratoire, souvent en utilisant des suggestions ou des fausses preuves (fausses photos). L'effet Mandela est un phénomène où de faux souvenirs spécifiques sont partagés par un grand nombre de personnes (ex. : le souvenir erroné de la mort de Nelson Mandela en prison dans les années 1980). La mémoire humaine est un processus dynamique et reconstructif, et des erreurs peuvent survenir à chaque étape (encodage, stockage, rappel). La formation de faux souvenirs est favorisée par l'affaiblissement des souvenirs avec le temps et par certains états mentaux passagers (comme l'hypnose). Des facteurs individuels et développementaux existent : les jeunes enfants et les personnes âgées sont considérés comme plus vulnérables à la suggestion. Prévenir les personnes de la possibilité de désinformation avant l'événement peut réduire la création de faux souvenirs. Il n'est pas possible de distinguer un faux souvenir d'un vrai chez une personne spécifique avec une certitude absolue, bien que les faux souvenirs soient parfois rapportés avec moins de détails et de certitude en moyenne. La question des faux souvenirs a des implications graves, car elle peut mener à l'accusation d'un innocent ou, si le témoignage est écarté, laisser un coupable en liberté. Les débats sur la création artificielle de souvenirs se sont étendus à la psychothérapie, soulevant la question des « faux souvenirs induits » par la thérapie. L'existence des faux souvenirs est largement acceptée, mais le concept de « syndrome de faux souvenirs » reste controversé et n'est pas répertorié dans les classifications psychiatriques internationales.