La guerre civile yéménite est un conflit armé qui oppose depuis l'été 2014 d'une part les forces armées sous le commandement du président d'Abdrabbo Mansour Hadi et, d'autre part, les rebelles chiites Houthis ainsi que, jusqu'en 2017, les forces fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Cette guerre civile fait suite à la révolution yéménite ayant renversé Saleh et conduit Hadi au pouvoir en 2012. Le conflit s'est internationalisé en mars 2015 avec l'intervention d'une coalition internationale menée par l'Arabie saoudite contre les Houthis qui sont soutenus par l'Iran. Il est une des conséquences de la guerre du Saada commencée au nord-ouest du pays en 2004 en raison du sentiment de marginalisation des tribus du nord qui se sentent délaissées par le pouvoir central, après l'unification du pays en 1990. Débordé en septembre 2014 par le mouvement venu de l'extrême nord ouest du pays, et par certains éléments de l'armée, le président Abdrabbo Mansour Hadi, est contraint à la démission en janvier 2015, lorsque les houthistes s'emparent du palais présidentiel. Il se réfugie en février à Aden, port stratégique du sud du pays, puis en Arabie saoudite, après le début de l'intervention saoudienne en mars de la même année. En février 2016, le gouvernement revendique le contrôle d'entre 70 et 85 % du territoire. En décembre 2017, Ali Abdallah Saleh est assassiné par ses anciens alliés Houthis, après avoir rompu avec eux pour rejoindre le camp loyaliste. Son neveu Tarek Saleh, ayant survécu aux combats, dirige désormais les pro-Saleh aux côtés de la coalition. Bien que les conséquences humanitaires de cette guerre soient désastreuses (engendrant une famine en passe de devenir la plus grave que l'humanité ait connue depuis un siècle selon les Nations unies), la couverture médiatique internationale a été très faible jusqu'en 2018, puis le conflit a gagné en visibilité. En 2019, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires du secrétariat des Nations unies estime le nombre de morts du conflit à 233 000, 102 000 étant décédés dans les combats et autres actes de violence et 131 000 de malnutrition et/ou de maladies qui leur sont liées. Fin 2021, l'ONU fait désormais état de 377 000 morts. Ces chiffres font toujours l'objet de débats et sont parfois considérés comme sous-estimés.