Le Vendredi Noir désigne la répression militaire d'une manifestation survenue à Téhéran, capitale de l'Iran, le 8 septembre 1978 (17 Sharivar 1357 du calendrier persan). Cet événement est également connu sous le nom de massacre de la place Jaleh (Meydān-e Jāleh), en référence au lieu où se déroula l'essentiel de la répression. Alors que jusque là la contestation démarrée en janvier 1978 semblait contenue et n'avait fait qu'un nombre limité de victimes, cette fusillade marqua un tournant dans la Révolution islamique naissante. Couplé à l'incendie du cinéma d'Abadan, il fit perdre sa crédibilité au régime impérial, et révolta l'ensemble du pays contre lui. Selon les termes de l'historien Ervand Abrahamian, la répression créa « une rivière de sang qui séparait désormais le chah et le peuple ». Ces événements conduisirent à la fin du régime du Chah moins d'un an plus tard. Bien que les opposants au régime des Pahlavi et des intellectuels étrangers tels que Michel Foucault aient évoqué à l'époque plusieurs milliers de morts, il est apparu plus tard que les chiffres officiels publiés par le gouverneur militaire de Téhéran (environ 87 morts) étaient exacts.