Le modèle IS/LM est un modèle économique bidimensionnel qui représente la relation entre le taux d'intérêt et le niveau de production (produit intérieur brut) dans une économie. Créé par John Maynard Keynes et publié de manière dispersée dans la Théorie générale (1936), il est formalisé et popularisé par un article de John Hicks (1937). Le modèle est par la suite retravaillé par Alvin Hansen, Franco Modigliani ou encore Don Patinkin au point de devenir le « modèle standard » de la synthèse néoclassique. Sa puissance évocatrice lui a assuré une grande postérité. Il sert toujours de base à l'enseignement de la macroéconomie, bien qu'il soit considéré par les économistes comme simpliste et a été dépassé depuis les années 1970 au profit des modèles macroéconomiques dynamiques. Il a été contesté par l'école monétariste et par la nouvelle économie classique. Le modèle montre comment l'épargne et l'investissement (courbe investments and savings, IS), ainsi que la demande et l'offre de monnaie (liquidity preference and money supply, ou LM), réagissent au taux d'intérêt et au niveau de production. L'équilibre entre ces deux marchés détermine l'équilibre de la demande et du taux d'intérêt. Il existe un troisième marché implicite, celui des titres, qui est ignoré parce que l'équilibre des deux premiers force le troisième. Un apport essentiel du keynésianisme (et d'IS/LM) est l'existence potentielle de chômage à cet équilibre, qui est alors un équilibre de sous-emploi ; la cause en est une demande effective insuffisante. Dans le cadre d'une situation de sous-emploi, il permet de choisir entre différentes politiques économiques, en estimant leurs effets respectifs.