France L'affaire Grégory Villemin débute le 16 octobre 1984 dans les Vosges. Grégory, âgé de quatre ans, est enlevé à son domicile de Lépanges-sur-Vologne et retrouvé mort le soir même dans la Vologne, à sept kilomètres de là. Le ou les assassins demeurent inconnus. Par son mystère et son traitement judiciaire, elle devient l’une des affaires les plus marquantes de l’histoire criminelle française. La photographie du corps ligoté, publiée dès les premiers jours, bouleverse l’opinion publique. Très vite, de nombreux journalistes français et étrangers affluent, et l’affaire fait la une nationale. Le rôle des médias sera vivement critiqué : dramatisation, manque d’objectivité, intrusion dans la vie privée et dans l’enquête. Cet emballement nuira à la sérénité des investigations, ce que reconnaîtront certains enquêteurs et journalistes. L’affaire a provoqué une évolution des techniques de police scientifique, jugées depuis rudimentaires, et inspiré une réflexion sur les relations entre magistrats, avocats, gendarmes et médias. Elle a aussi contribué à faire progresser la législation sur la présomption d’innocence et le secret de l'instruction. Sa durée, son contexte, le caractère énigmatique du mobile et des circonstances du crime ainsi que les divers rebondissements qu'elle a connus, dont l'assassinat d'un des suspects, Bernard Laroche, par le père de Grégory en 1985 et le suicide en 2017 du premier juge d'instruction, Jean-Michel Lambert, en font une affaire criminelle hors norme.